Nos candidats témoignent (+ clip de campagne)

Tout d’abord vous trouverez ci-après les 2 spots officiels de la campagne « Décroissance 2019 » tels que diffusés à la télé :
Spot N°1 – 1min30
Spot N°2 – 1min30

Et le spot radio :

+ le lien vers le sondage Odoxa cité au début du clip : SONDAGE Odoxa

Ci-dessous la présentation
de plusieurs candidats de la liste :

de plusieurs candidats de la liste :

  • Thérèse Delfel :

68 ans, tête de liste, Tritteling-Redlach (57). Européenne de naissance puisque née en France de parents allemands de Roumanie, elle a été formée dans des pays anglo-saxons avant de devenir enseignante. Elle a également suivi le cursus d’Écologie Générale et Sciences de l’Environnement de l’Université de Metz sous la direction du Pr Jean-Marie Pelt, ce qui a conduit chez elle à un fort désir d’expérimentations alternatives.

  • Lionel Chambrot :
Lionel CHAMBROT

48 ans, porte-parole, Nancy (54). Militant actif depuis 2005.  Il cherche chaque jour à donner du sens à sa vie : individuellement, il minimise au quotidien son empreinte carbone et lutte contre le système (capitalisme, productivisme, nucléaire, TAFTA, CETA, OGM, Linky, publicité…) ; en collectif, il participe à la construction du monde alternatif de demain (ONG, éco-lieux, agriculture bio, low-tech, monnaies locales…).

Flora Sallembien :

Flora Sallembien

23 ans, Montpellier (34). Étudiante en Master 2 à l’Institut d’Études du Développement de la Sorbonne (IEDES). Lectrice du journal La Décroissance depuis son adolescence, elle est engagée aux côtés des mouvements qui luttent contre les Grands Projets Inutiles (NDDL notamment). Manifestante et bénévole dans plusieurs associations, elle s’implique particulièrement pour soutenir les personnes réfugiées qui traversent la mer Méditerranée au péril de leur vie et défend un changement radical dans les relations entre les pays « du Nord » et « du Sud » »

François Verret :

François VERRET

61 ans, porte-parole, Combs La Ville (77) : Ingénieur agronome de formation et militant dans une association de protection de la nature, il est particulièrement engagé dans la défense de la biodiversité, milite pour un aménagement du territoire respectueux du vivant, contre l’urbanisation galopante et les grands projets inutiles. Il organise des interventions sur la Décroissance auprès du grand public.

  • Valérie Dubillard : 47 ans, Lure (70). Biographe, présidente de l’Association CLIMAT qui met en place des actions en faveur de l’environnement (mise en place de la PIVE – monnaie locale franc-comtoise -, lutte contre le gaspillage alimentaire…). Elle fait par ailleurs partie d’une AMAP et d’un Jardin Collectif.
  • Raphaël Martin : 34 ans, Marseille (13). Scientifique et rappeur engagé pour la décroissance.
  • Sabine Legrand : 60 ans, Paris (75). Après un licenciement économique à 49 ans, elle a décidé d’un changement de vie ; au lieu d’augmenter les bénéfices d’une entreprise en tant qu’ingénieure informatique, elle a préféré apporter de la bonne humeur aux travailleur.e.s en tant qu’animateure de yoga du rire. Elle participe par ailleurs à la plantation d’arbres fruitiers pour leur absorption du CO² et pour leur future production nourricière. Elle souhaiterait que les talents des publicistes ne soient plus utilisés pour pousser à la consommation mais, qu’au contraire, ils profitent à la promotion de la décroissance.
  • Le projet de la décroissance est réaliste, c’est celui de vivre en fonction de ses besoins et des ressources réelles, en harmonie avec l’environnement. Les rêveurs sont ceux qui pensent améliorer le bien-être général en soutenant une forte croissance économique.
  • Pour la survie de l’espèce humaine il devient essentiel de rejeter l’appât du gain ; nous désirons stopper l’accumulation et la compétition.
  • Le temps ne s’achète plus, il devient un espace où s’épanouir.
  • Notre position peut sembler déconcertante mais, valoriser la solidarité est familier dans le monde associatif où le plaisir de rendre service est partagé, même si l’idéologie de croissance nous incite à nous méfier des autres et à refuser l’entraide nuisant à l’économie.
  • Michel Simonin : 55 ans, Nancy (54). Enseignant, co-fondateur des amis de la décroissance Nancy où il est en charge des questions programmatiques et de la rédaction.
  • Virginie Wawrzyniak : 44 ans. Nancy (54). Virginie travaille dans le secteur des Sciences Biologiques et Sciences Sociales Appliquées. En 2012, elle rejoint le mouvement de la décroissance et se porte candidate aux élections successives sur le territoire de Nancy pour dénoncer l’exploitation sans limites des ressources naturelles ainsi que celle des femmes et hommes les plus modestes.

Vincent Bruyère :

Vincent Bruyère

51 ans, Poligny (39). Originaire du Forez et vivant dans le Jura. Co-auteur de l’ouvrage « 6 chemins vers une décroissance solidaire ». Actuellement conseiller info-énergie en secteur associatif, ses centres d’intérêts et recherches s’organisent autour de l’économie décroissante et de la solidarité internationale.

  • Raphaël Martin de Marseille nous parle en chanson :
©Raphaël Martin – « Les européennes » – 2019
  • Céline Ohana :
Céline Ohana

34 ans, Chenebier (70). J’ai récemment rejoint la liste décroissance 2019, mais ma quête de décroissance est mon chemin. Militante depuis plus de 10 ans, reconvertie depuis 5 ans au maraîchage et actuellement encadrante technique dans un chantier d’insertion en maraîchage biologique, je suis immergée dans un réseau de néo-paysans, en périphérie des conventionnels, et je mesure bien les difficultés de changer le modèle agricole. L’accès au foncier, déjà, est mission quasi impossible, et les politiques européennes favorisent les exploitations industrielles qui n’ont aucun intérêt à céder des terres pour des projets agroécologiques. J’aspire à pouvoir implanter un projet agricole innovant sur mon territoire, polyculturel, résilient et localement nourricier…

Charlotte Torretti :

Charlotte Torretti

29 ans, Saint-Nicolas de Port (54). Sapeur-pompier volontaire pendant cinq ans, la misère sociale en France a été une grande part de mon quotidien. Entre violence structurelle et injustice sociale, la « vraie vie » de millions de personnes est pleine de souffrances qui ne disent pas toujours leur nom : des accès aux soins inégaux, des appels qui relèvent de plus en plus de la détresse plutôt que de l’urgence vitale, des scènes ravageantes en EHPAD, dans la rue, ou à domicile… En Afrique, où j’ai passé plusieurs années, la domination économique des pays du Nord produit des résultats similaires : l’adoption de notre « modèle » économique, souvent à marche forcée, entraîne là aussi une production des inégalités toujours croissante, ou encore une vulnérabilité accrue quant les effets du changement climatique commencent à se faire sentir, entre catastrophes naturelles et perturbations des régimes de pluie dans des sociétés essentiellement agraires. En mondialisant les échanges par l’expansion de notre « modèle » économique néolibéral, c’est aussi la dimension mortifère de nos politiques qui est mondialisée.
En tant que citoyenne et chercheuse précaire en géopolitique, j’accuse ces gens qui se disent l' »élite » d’en être responsable. De continuer à croire religieusement dans le mythe de la croissance, la fameuse croissance présente à tous les JTs, et au nom de laquelle on nous demande toujours plus de patience, d’effort, de sacrifice, un mythe d’une science économique obsolète, parce que ce mythe sert leur quête d’enrichissement et de pouvoir. J’accuse de condescendance et de paternalisme ces gens qui interprètent un rejet de leurs politiques par un manque de « pédagogie » à notre égard, comme s’il suffisait de mieux expliquer pour que, enfin, l’on comprenne – parce que, c’est évident, nous ne sommes pas assez futés. Nos politiques ne parlent pas à l’intelligence des gens : ils nous prennent pour des cons.
Comme si nous voulions vivre dans un monde dont l’ordre repose sur la concentration des richesses dans les mains de quelques-uns, et sur la production structurelle d’inégalités et d’injustice sociales grandissantes pour tous les autres.
Comme si nous pouvions nous permettre de maintenir un ordre mondial voué à l’effondrement. Parce que le pétrole ne coule pas comme l’eau au robinet, et certainement pas au même tarif : quelle part de la misère économique et sociale des gens en France est liée à la nécessité, dans notre « modèle », de prendre sa voiture ? Pour quel prix à payer en Irak, en Syrie ? Parce que les batteries des ordinateurs, tablettes, smartphones, ou même les voitures électriques qu’il faut avoir pour être bon citoyen et « écolo », ne tournent pas sans cobalt, dont la moitié de la production mondiale s’entremêle à une guerre civile qui compte déjà près de six millions de morts au Congo. 
Parce que notre « modèle » économique s’est construit sans limite : comme si les ressources étaient inépuisables, comme si les « individus », « rationnels », ne réfléchissaient que par « calculs ». 
Comme si nous n’étions pas intéressés par d’avantage de démocratie, d’avantage de justice sociale. Par une alimentation et un environnement sain, pour nous-mêmes et nos enfants. Par conserver la dignité de ceux qui nous ont élevés, et pouvoir ne pas les « placer », loin. Par un autre avenir qu’un avenir endetté, en crise permanente, violent. Hypothéqué.

  • Delphine Livet :
    « La décroissance, c’est une autre manière d’être au monde et de le penser »

Nous savons que nous consommons plus que ce que la Terre ne peut offrir ; nous exploitons à outrance les terres et leurs populations ; pour quoi ? La plupart du temps pour satisfaire un désir éphémère, qui ne donne aucun sens à notre vie.
La « Décroissance » n’est pas un parti mais un mouvement. Pour moi il s’agit même d’une réflexion philosophique et métaphysique sur le sens de la vie. On nous enjoint – et ce en dépit de multiples concessions – à obtenir un travail stable pour profiter d’une vie confortable. Mais à quoi sert-il de travailler ? Pour vivre ou pour consommer ? Qu’est-ce qu’une vie confortable ? Une vie où nous limitons au maximum nos efforts, au point de ne plus percevoir la valeur des choses ? Quel sens la vie prend-elle alors ?
Le travail est nécessaire pour vivre, mais la consommation doit-elle en être le seul moteur ? Ne devrions-nous pas réenvisager le sens de notre activité professionnelle ? Nous sommes conditionnés à satisfaire des besoins de plus en plus nombreux qui nous obligent à considérer le travail comme le cœur unique de notre activité humaine. Nous sommes engagés par des abonnements (gaz, électricité, eau, internet, téléphonie, télévision…) et nous perdons peu à peu une liberté essentielle, celle de donner du sens à notre existence.
Le travail n’est pas le seul accomplissement de l’individu. La nature, la culture, la pratique sportive, les regroupements associatifs sont d’autres manières de penser sa vie et d’en reprendre les rennes, sans avoir recours nécessairement à l’argent. L’accumulation de biens n’est pas une fin en soi.
Et la planète s’épuise. Je ne vois pas d’autre sens à cette vie que celui de préserver la terre sur laquelle nous vivons. Pour la simple et bonne raison que nous n’avons pas le choix. Nous n’avons pas le choix et pourtant les grandes industries, les puissances financières continuent d’exploiter outrageusement la terre et ses habitants les plus pauvres. Des firmes agronomes, des constructeurs automobiles sont prêts à leurrer les foules pour leur seul profit, en dépit de toute morale, de toute éthique.
Le seul indicateur qui nous est donné pour évaluer notre richesse est la croissance. Qui sait seulement ce que signifie ce mot de croissance ? Nous pensons que si la courbe de la croissance progresse, celle du chômage baissera. Pourtant, les multinationales licencient – malgré leurs bons résultats – pour générer du profit et avancent l’argument qu’elles favorisent ainsi cette croissance. La croissance, en tant que telle, est-elle réellement profitable à tous les hommes ?
Il y a l’individu, le citoyen et puis il y a l’État, les pouvoirs publics. Nous n’ignorons pas que les pouvoirs politiques entretiennent des liens troubles avec les puissances financières et les lobbies. Nous savons combien il est difficile de faire varier la tendance et de les engager à repenser un monde où la croissance n’est plus la seule justification pour faire progresser les hommes. Il y a trente ans, l’écologie était une notion vague. Pourtant aujourd’hui, elle est présente dans presque tous les programmes politiques (à plus ou moins grande échelle). Il est donc possible de faire évoluer les mentalités.
Les consciences progressent mais il faut changer le système en profondeur. Le système se transforme lentement grâce à des initiatives individuelles ; les pouvoirs publics heureusement nous y incitent peu à peu. Nous trions nos déchets, nous essayons de moins gaspiller. Bon.
Mais d’un autre côté, l’État ouvre les vannes d’un commerce destructeur. Il faut que nous ayons conscience de ce paradoxe, car nous ne pouvons pas changer le monde seulement individuellement. Il faut que les politiques s’engagent, agissent plus largement et repensent une autre manière de produire les biens de consommation, de préserver nos ressources naturelles, d’encourager le citoyen à protéger son environnement.Pour cela il faut cesser de penser en terme de croissance mais en terme de partage des richesses. Car dans tout cela, quel rôle l’État a-t-il ? Celui de protéger ses citoyens ? Le fait-il ? L’État s’est engagé à préserver la sécurité de chacun ; qu’en est-il aujourd’hui ? Nous sommes tous fichés et étiquetés. Nous le savons, nous ne nous en inquiétons pas puisque nous ne faisons rien de mal… Mais quand des catastrophes naturelles surviendront, que les ressources viendront à manquer, ou que des guerres auront lieu à cause du manque d’eau ou des migrations, nous serons en première ligne, nous qui n’avons rien fait.
L’État saura exactement qui aura consommé quoi et pourra nous restreindre sans avis préalable. Est-ce de cette liberté-là que nous voulons ? La consommation a fait de nous des individus qui sont pieds et poings liés. Nous sommes prêts à beaucoup de dénégations pour satisfaire des besoins qui ne sont souvent pas des nécessités.
Si la situation géopolitique se tend à cause de catastrophes climatiques, il est à craindre que des tyrans prennent le pouvoir. Et des extrémistes sans scrupules utiliseront à leurs fins les données que nous avons complaisamment laissées à portée de cloud.
Penser la décroissance n’est pas une manière archaïque de réfléchir à la progression du monde. C’est simplement une façon de repenser le sens de nos vies, ce pour quoi nous continuons d’exister malgré tout, de jauger la nécessité de nos besoins d’occidentaux et leur coût sur les populations pauvres et sur la planète.
Penser la décroissance c’est aussi prendre conscience que le changement n’a pas lieu qu’individuellement et que nous avons besoin de l’État, pas seulement de l’État français, mais de la volonté des décideurs des autres pays, en Europe et dans le monde pour inverser la balance, pour repenser les indicateurs de richesse et leurs modes de calcul.
Cela parait utopique et sans doute cela l’est-il. Mais dans l’Histoire, les lignes ont toujours bougé de cette manière. Il faut tirer fort d’un côté pour rééquilibrer une situation. Il s’agit là de réveiller les consciences et d’opérer une révolution socio-culturelle de notre mode de vie. Si nous nous y prenons maintenant, nous perdrons moins à l’arrivée et peut-être parviendrons-nous à préserver nos libertés. C’est plutôt en ce sens qu’il faut avancer.
Revenons un instant sur l’étymologie des mots « économie » et « écologie ».
Le préfixe « éco » vient du grec oikos, la maison, l’habitat, puis par glissement de sens, a désigné plus généralement le milieu, l’environnement
« -nomie » vient du grec nomos qui signifie la règle, la loi. L’économie, c’est déterminer les règles de gestion d’un foyer pour vivre le mieux possible selon ses ressources. Cette idée malheureusement s’est perdue au profit de l’action et a engendré une dérégulation là où au contraire nous devrions imposer des normes strictes, des garde-fous.
« -logie » vient du grec logos qui désigne le discours, la connaissance, la raison. L’écologie, c’est prendre connaissance de son environnement et permettre à l’homme de s’y adapter.
Ces deux termes, « économie » et « écologie », ne sont donc pas antithétiques. L’économie devrait se penser au regard de l’écologie et inversement.
Que va-t-on transmettre à nos enfants : travaille pour consommer ? Ou cherche à t’épanouir, à t’accomplir selon ce qui te tient intimement (activité professionnelle, engagement associatif, créativité, épanouissement du corps, préservation de la nature, reconnaissance de ses bienfaits) ?

La décroissance, c’est une autre manière d’être au monde et de le penser. C’est aussi une alternative au vote blanc.

  • Gwenael De Boodt :
Gwenael De Boodt

Pour un chêne dans les urnes : la décroissance.
Je suis candidat aux élections européennes au milieu d’une liste dont l’ordre a été tiré au sort et qui porte le nom de « Décroissance 2019 ». Les bulletins de cette liste (numéro 17) figureront très rarement dans les bureaux de vote. Pour ma part, je viens d’achalander sobrement aujourd’hui à bicyclette dans le département d’Ille-et-Vilaine les mairies de La Mézière, Melesse, La Chapelle-des-Fougeretz, Gévezé, Vignoc et Montreuil-le-Gast. Il y aura peut-être quelques autres bulletins dans les bureaux de vote du Rheu.
Chers amis, je vous envoie ce message au cas où vous voudriez signifier dimanche à l’autorité électorale, dans les urnes funéraires de la démocratie capitaliste, votre désaveu du dogme européen -mais aussi américain, russe, chinois -et j’en passe- de la croissance industrielle, numérique, financière, policière, militaire, publicitaire, mondaine, extractive, énergétique -et j’en passe encore- bref- de la croissance économique.
Des urnes funéraires qui, lorsqu’on les ouvre, ne délivrent plus que les cendres d’un incendie digne de celui du temple d’Ephèse, où les zéro-strates de la politique, acoquinée aux intérêts industriels et financiers, s’empilent en couches pesantes sur les nappes souterraines de nos désirs de simplicité, de poésie, de fraternité, de partage, de paix, de beauté dont on sait désormais qu’aucune croissance matérielle, fût-elle démocratique et encore plus durable, sous le vocable pernicieux de « développement », si ce n’est à continuer d’épuiser les ressources naturelles et la liberté de nos consciences, ne pourra réveiller l’âme ni le coeur.
Disons qu’à défaut d’être une forêt, le projet de décroissance économique est un chêne aussi robuste qu’irrécupérable par les discours technocratiques et les fonctionnements productivistes et libéraux. C’est un projet radical, qui doit s’accompagner d’une pratique collective et individuelle en rupture totale avec les chimères de la société de consommation. Il exige aussi que nous exercions nos savoirs et nos connaissances avec la sensibilité des poètes, contemplative, amoureuse, imaginaire, et ce dans des domaines qui ne nuisent pas à l’équilibre entre toutes les espèces qui habitent la terre, humaines, animales, végétales, minérales. Cela comprend aussi les choses que nous devons entretenir et réparer sans que des spécialistes nous assistent pour fomenter sur nous leur pouvoir ou celui de leurs maîtres. Il faut que les techniques redeviennent simples, faciles à mettre en oeuvre et contrôlables par toutes et tous et que nous exercions notre appétit prométhéen dans les choses de l’art et de l’esprit où tout peut être possible, le récit, le mythe, la tragédie, la violence, les excès, la démesure, sans que n’en soit oblitérée la vie sur terre.
Délivrons les urnes de la fatuité qu’elles renferment, des peurs dont elles sont le berceau, mettons-y notre écorce et notre refus de l’ignorance suicidaire. Plantons-y nos racines.
On verra bien dimanche, mais surtout et aussi après, dans nos choix, dans nos résistances, la singularité de nos actes.

  • Félix Zirgel :
Félix Zirgel

26 ans, Sundhoffen (68). Depuis la découverte du journal « La Décroissance », peu avant mon baccalauréat, je n’ai jamais pu recoloniser mon imaginaire. J’ai longtemps été de bonne volonté en tentant plusieurs des voies tracées par notre société. Mais de l’université au travail intérimaire en passant par le milieu éducatif, je me suis heurté trop souvent à l’absurde, le révoltant et la désespérance. Puis de lectures en lectures, de rencontres en rencontres et de luttes en luttes, j’ai compris qu’à défaut de solutions offertes, il nous fallait construire un ailleurs.
J’ai découvert l’entraide à Notre-Dames-des-Landes en y séjournant l’hiver 2015. Rencontré des esprits éveillés au contre-sommet pour le climat à Vénissieux durant la COP 21. Suis devenu récemment bénévole dans un média indépendant qui m’a ouvert les portes du parlement européen où tant de choses se jouent. Mais c’est lors de l’expulsion en 2018 de la ZAD du Moulin (GCO), près de chez moi, en me faisant gazer comme tant d’autres que j’ai définitivement compris que bien des personnes ne se veulent plus résignées et encore moins dans l’expectative.
Il y a eu ces dernières années de nombreux évènements qui demeureront indélébiles et qui, contrairement à la thèse d’une fin de l’Histoire, font naître dans les différents esprits, en France comme partout dans le monde, des convictions profondes ; signes avant coureurs de conflits d’idées mais aussi d’actes… comme jadis dans l’Histoire, assez proche de nous finalement.
A l’heure où le capitalisme, non content d’avoir avalé l’univers des services et des loisirs, s’immisce désormais dans la vie privée et les relations, il est urgent de se solidariser pour ne pas céder à la simple cupidité du marché les restes d’un monde où femmes et hommes peuvent encore choisir leurs destinées.
La simplicité, le partage, l’entraide, l’art et surtout la compréhension de la Nature en général, ces qualités si souvent rattachées aux doux rêveurs et aux utopistes, sont nos seuls professeurs garants d’une réelle transmission. Celle qui ne scie pas la branche sur laquelle on vit. Celle qui s’indigne lorsqu’on brevette le vivant. Celle qui indique les limites plutôt qu’une course inhumaine après des chiffres délirants. Celle qui nous apprend à cuisiner plutôt qu’à consommer, à planter plutôt qu’à déchiqueter nos paysages, à trottiner par la force de nos muscles et non grâce l’égérie nucléaire. Bref, à respecter le vivant.
Pour cela j’ai décidé de m’écouter enfin ; je suis désormais un artisan-relieur en manque de labeur, certes, mais déterminé à conserver ce savoir qui ne tient qu’à un fil, dessinateur de presse débutant parce qu’il faut prendre la parole et non l’attendre, puis candidat pour ces élections européennes afin de soutenir toutes celles et ceux qui désirent haut et fort moins de biens mais plus liens.