Européennes : Tristan Duval, l’autre tête de liste saint-quentinoise

Au rayon des candidatures « décalées », la liste Europe Décroissance est emmenée par un Saint-Quentinois, étudiant à Lille et… tiré au sort.

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Source : http://www.aisnenouvelle.fr/

Il a 23 ans, il est étudiant en master 2 de Sciences politiques à Lille et le voilà tête de liste aux élections européennes du 25 mai prochain.

Tristan Duval, dont le père est président de la CAF de Saint-Quentin, est le leader de la liste « Europe Décroissance », un mouvement plus qu’un parti, qui milite depuis quelques années pour un nouveau modèle de société, « prône une rupture écologique et sociale ».

« Face à l’absurdité de ce modèle de société, qui épuise les ressources naturelles, accroît les inégalités et génère des désastres industriels, sociaux et écologiques, nous affirmons que la croissance n’est pas la solution. La croissance est le problème », professent les militants.

Sur cette base, les adhérents développent une série de propositions alternatives, comme l’émission de monnaies complémentaires, la fin de la PAC et le retour à une agriculture paysanne, l’arrêt du nucléaire. Et, à contre-courant, la libre circulation des personnes, sans aucune distinction. « C’est un peu provocateur et c’est pour couper court à l’amalgame qu’on fait parfois avec le FN, qui reprend beaucoup d’idée de gauche en réalité. »

Car les adeptes de la décroissance se situent volontiers « entre gauche radicale et écologie politique ». Pour constituer leur liste, ils ont lancé un appel, tiré au sort les vingt noms obligatoires, puis leur tête de liste.

« On n’a pas bâti autour d’une personnalité, on a commencé par le collectif et désigné une tête de liste, mais seulement parce que c’est obligatoire », fait observer Tristan Duval.

Lors des élections municipales de mars dernier, les « objecteurs de croissance » ont présenté une liste à Lille, appelée « église de la très sainte consommation » et conduite par Alessandro di Guiseppe, dont le clip de propagande a fait sensation. Au 1er tour, elle a recueilli 1978 voix et 3,55 % des voix. Soit plus que Lutte ouvrière ou NPA.

« Entre les deux tours, Martine Aubry a fait notre éloge », se vante Tristan Duval, lequel avait déjà été candidat à Lille lors des législatives de 2012, ne recueillant que quelques voix. Il n’aura pas davantage de moyens financiers cette année. « On va essayer de trouver un peu de sous pour imprimer des affiches, mesure-t-il. On a prévu d’imprimer des circulaires, avec le bulletin de vote à découper. Il n’y aura pas de bulletins dans les bureaux de vote, on n’a pas les moyens. »

Pas d’argent, pas de bulletins, et quasiment pas de campagne, même si l’étudiant lillois envisage une éventuelle visite à Saint-Quentin et Amiens.

Ce type de candidature, loin de constituer un cas isolé, ne contribue-t-il pas à discréditer le scrutin européen et à doper l’abstentionnisme ? « Je ne vois pas en quoi on décrédibilise le scrutin, c’est plutôt le scrutin qui se décrédibilise tout seul, rétorque Tristan Duval. Par exemple, il y a 22 listes dans le nord-ouest, combien il y a aura de bulletins à l’arrivée dans les bureaux de vote ? Ça veut dire qu’il y en a qui peuvent se présenter et pour qui on ne peut pas voter. »