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Le libre échange, cet ennemi de l’écologie

Avec la généralisation du libre échange au monde entier, la distance entre les lieux de production et de consommation est devenue si importante que, contrairement aux époques précédentes, il est impossible de connaître l’origine des matières premières et les conditions de fabrication de la plupart de nos consommations de base. Cette situation historique inédite a enlevé au consommateur la possibilité de vrais choix et a tué dans l’œuf l’écologie politique naissante. Continuer la lecture de Le libre échange, cet ennemi de l’écologie

Des Décroissants se présentent aux élections européennes

Cinq liste « décroissantes » se présentent aux élections européennes. Avec une conviction : « la croissance n’est pas la solution, mais le problème » et un programme, qu’elles présentent ici.

Source : http://www.reporterre.net/


Sans céder à la sinistrose ambiante, Europe Décroissance présente cinq listes dans cinq régions aux prochaines Européennes. Nous affirmons que la croissance n’est pas la solution : la croissance est le problème.

Aujourd’hui il est clair que la rationalité est avec nous. La décroissance choisie est la seule voie pour éviter la décroissance subie et le chaos qui accompagnera l’effondrement programmé.

Il n’y a pas d’autre alternative, comme disait quelqu’un, qui n’était pas de nos troupes… Face à l’absurdité de ce modèle de société, qui épuise les ressources naturelles, accroît les inégalités d’une manière obscène et génère des désastres industriels, sociaux et écologiques, nos propositions politiques visent à réduire les inégalités en même temps que notre empreinte écologique, trois fois trop grande dans notre région du monde.

Nous nous appuyons sur quelque chose qui existe déjà : la société civile regorge de personnes sensibles à la dégradation du monde et aux équilibres sociaux. Elles travaillent à l’émergence d’alternatives concrètes. Nous encourageons ces initiatives tout en nous impliquant largement dans cette forte dynamique.

Pour ces élections, nous mettons en avant huit propositions, en lien direct avec cette Europe dont nous ne voulons plus.

1) Souveraineté alimentaire : en rompant avec la PAC et en proposant une politique agricole qui favorise l’agriculture paysanne et la biodiversité, sans OGM et sans agro-carburants. Il faut sortir du pétrole et de son monde, cause principale des émissions de gaz à effet de serre. Nous organiserons la relocalisation des productions et des consommations en privilégiant les circuits courts et nous repensons en conséquence tout ce qui concerne la mobilité et le commerce longue distance.

2) Souveraineté monétaire : par la sortie de la monnaie unique et le droit à l’émission de monnaies complémentaires couplées à une monnaie commune.

3) Contre les traités commerciaux de libre-échange et pour des traités de coopération et de relocalisation ouverte. Dans notre Europe, une complicité de fait avec les sociétés transnationales est avérée : aucun des 28 états de l’UE n’a refusé de donner son accord à la Commission Européenne non élue qui a négocié l’abominable TAFTA avec les Etats-Unis. Une telle unanimité devrait faire douter des intentions de cette « belle » Europe : cela va bien au-delà du simple lobbying !

4) Une rupture avec la politique de mégapoles qui organise la mise en concurrence des territoires.

5) Une rupture écologique dans la politique énergétique et industrielle pour notamment tendre à la sobriété énergétique, l’arrêt du nucléaire civil, la non-exploitation des énergies fossiles non conventionnelles et l’utilisation des énergies renouvelables locales.

6) La maîtrise et le juste partage des ressources au niveau local pour éviter les déplacements contraints des populations et l’errance économique, afin que la misère ne suscite plus l’émigration.

7) Une sortie d’urgence du nucléaire militaire en France et en Europe, une rupture radicale avec la politique guerrière et coloniale française (Libye, Mali, Syrie, Centrafrique…) et une rupture avec la politique étrangère de l’Union Européenne, à la remorque de l’impérialisme étatsunien.

8) Un soutien actif à ce qui fait la culture européenne et notamment la diversité linguistique face à l’impérialisme de l’anglais.

Dans une logique de convergence, nous appelons à construire une autre coopération entre les peuples, en mettant nos décideurs face à leurs contradictions. Cette élection est l’occasion de s’informer, de se mettre en réseaux, de rencontrer et surtout d’initier des démarches, initiatives, idées et des collectifs avec les habitants.

Face à l’effondrement qui vient, la résistance, les initiatives et l’expérimentation, c’est maintenant. Notre but n’est ni de prendre le pouvoir ni d’imposer aux autres une manière de vivre. Et les électeurs d’Europe Décroissance devront télécharger leur bulletin. Nous ne sommes pas dans une stratégie électoraliste !

Mais dans une stratégie de masse critique, nous proposons de reprendre le « pouvoir » dès maintenant, avec tous ceux qui le souhaitent, en imaginant d’autres manières de produire, d’échanger et de vivre ensemble, que nous pouvons mettre en place dès maintenant avec ou sans les institutions.

A l’heure d’un tournant dans l’histoire de l’Humanité, il n’est pas inutile de souligner la dimension humaniste de la Décroissance : nous faisons le pari de la nécessaire raison, que l’on peut appeler spiritualité ou sagesse (peu importe) mais cette part qui est en l’Homme contre sa part sombre, démesurée et exacerbée par le broyeur de la société croissanciste dont l’emballement incontrôlé est l’horizon officiel.


- Les bulletins de vote sont à télécharger sur Décroissance-Elections


Source : Courriel à Reporterre de Europe Décroissance

Lire aussi : « La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique », Entretien avec Serge Latouche.

Appel pour une rupture écologique avec l’Union Economique Européenne

Appel aux décroissants, antiproductivistes, anticapitalistes pour une rupture écologique avec l’Union Economique Européenne
vers une relocalisation ouverte, des coopérations interrégionales et la souveraineté des peuples
Merci de bien vouloir faire suivre cet appel

moc+ppld

La société de croissance accumule dramatiquement toutes les catastrophes : économique, environnementale, sociale, culturelle et politique. L’absurdité de ce modèle de société n’est malheureusement plus à démontrer tant les inégalités sont devenues flagrantes, le mal-être de plus en plus insoutenable et les désastres industriels, sociaux et/ou écologiques, presque quotidiens. La Croissance n’est pas la solution. La Croissance est le problème.

En parallèle, nous assistons à une transition qui est déjà en marche. Malgré l’impasse dans laquelle nous mène le système capitaliste et les stratégies d’adaptation qu’il développe pour sa propre survie (greenwashing,  « développement durable », « croissance verte », « économie circulaire »), la prise de conscience de l’impasse dans laquelle nous sommes augmente et l’émergence d’alternatives concrètes connaît une forte dynamique.

La société civile regorge de simples citoyens, de scientifiques, d’universitaires et militants associatifs et politiques, sensibles à la dégradation de notre monde et aux déséquilibres éco-systémiques créés. Ils continuent de tirer la sonnette d’alarme, soutiennent des expérimentations sociales et/ou vont se présenter aux élections en 2014.C’est pourquoi les élections européennes, au-delà des logiques électoralistes des appareils politiques, représentent une bonne occasion :
  • Pour remettre l’économie à sa place, au service de la société : refuser l’impasse technocratique, oligarchique et productiviste dans laquelle se trouvent les institutions européennes : pour une annulation des dettes publiques, pour  la suppression de la monnaie unique et l’instauration d’une monnaie commune, le droit des peuples à l’émission monétaire, et la mise en place de monnaies locales complémentaires
  • Pour une relocalisation ouverte : afin d’initier une transition démocratique et sereine vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables, justes et démocratiques, nous soutenons une relocalisation de nos activités économiques et productives et de nos décisions en s’appuyant sur une logique d’espaces écologiques (qui redéfinit les besoins entre un plancher et un plafond). C’est évidemment la solidarité et la coopération entre les territoires et l’ouverture culturelle qui alimentera une telle relocalisation
  • Pour mettre en avant que la première des décroissances c’est la décroissance des inégalités : par la mise en place d’un revenu pour touTEs (sous la forme d’une Dotation d’autonomie ou d’un Revenu inconditionnel), adapté à chaque territoire, couplé à un Revenu Maximum Acceptable (RMA). Et immédiatement , nous proposons une retraite d’un montant égal pour touTEs , dès 60 ans, suffisant pour assurer une vie décente

C’est d’une rupture écologique dont l’Europe a besoin :

  • dans une logique de convergence, nous appelons à la constitution de listes ouvertes dans chacune des grandes régions européennes. Ainsi nous vous invitons toutes et tous à aller à la rencontre de partenaires locaux susceptibles d’adhérer à notre plateforme ;
  • appel à une réflexion citoyenne sur les programmes des partis de gouvernement : être présents et critiquer mais aussi proposer : construisons le projet pour une autre coopération entre les peuples, en mettant nos décideurs face à leurs contradictions ;
  • faire campagne à l’échelle européenne : cette élection est l’occasion de s’intéresser, de mettre en réseaux , de rencontrer et surtout  d’initier  des démarches, initiatives, idées et collectifs avec les habitants des autres régions et pays. La résistance, l’expérimentation c’est maintenant !

Pour une écologie sociale, anti-productiviste, anti-capitaliste, anticonsumériste et décroissante

L’année 2014 sera riche en élections puisque se préparent les européennes, les municipales et peut-être celles des Conseillers territoriaux (qui remplacent les élections cantonales et régionales). Les élections sont une occasion pour les Objecteurs et Objectrices de Croissance (OC) de porter la radicalité de leurs analyses et propositions auprès de la société civile. Dans le cadre d’une participation non-électoraliste, les élections sont un outils pour un nécessaire rassemblement de l’écologie radicale, anticapitaliste, et antiproductiviste.

Une croissance illimitée dans un monde limité est une absurdité

Alors que la classe politique ne jure que par la recherche de la croissance à tout prix pour résoudre les problèmes socio-économiques, nous refusons de cautionner plus longtemps cette fuite en avant qui, sous prétexte d’« efficacité économique », accroît les inégalités, épuise les ressources, massacre le vivant, et emmène l’humanité tout droit dans le mur. Cette augmentation perpétuelle du PIB, sur laquelle repose le système actuel, est en tout état de cause illusoire de par l’épuisement des ressources, en particulier la raréfaction des sources d’énergies abondantes et bon marché, et de l’accumulation des déchets que ce système produit. La « crise » est un prétexte pour s’attaquer aux acquis sociaux et aux services publics, pour justifier des lois qui réduisent les libertés et bafouent la démocratie, pour imposer un Pacte Budgétaire funeste, et s’enfoncer toujours plus dans les mauvaises recettes marchandes de la société de croissance.

« Ni austérité, ni relance », il est aujourd’hui grand temps de construire ensemble une transition démocratique vers des sociétés soutenables et surtout souhaitables de Décroissance.

 

Cette remise en cause du système, c’est l’« objection de croissance », ou la « décroissance ».

Aux côtés des mobilisations sociales et écologiques, aux côtés des expérimentations sociales et des alternatives concrètes en milieu urbain et en zone rurale, aux côtés des services publics à défendre et développer, conscients des enjeux de ces élections, nous voulons amener notre projet auprès des français.

La décroissance porte un projet politique de rupture avec le capitalisme : nous proposons un ensemble d’alternatives et d’expérimentations concrètes pour sortir de la logique économique dominante. C’est la transition volontaire vers une société écologiquement responsable, socialement juste, humainement décente et démocratique. Il s’agit de réduire et surtout modifier notre consommation et notre production afin de supprimer les inégalités dans le respect des écosystèmes.

Nos solutions sont à la fois justes socialement et soutenables écologiquement, en s’appuyant sur :

  • les relocalisations : habiter, se déplacer, fabriquer, distribuer, échanger, décider, pour retrouver la maîtrise de nos usages, ménager le territoire, nous réapproprier nos modes de vie et partager les biens communs ;
  • l’instauration d’une réelle démocratie brisant le pouvoir de l’argent et évitant la confiscation du pouvoir par une élite, en redonnant une prise directe des citoyens sur les affaires communes : démocratie directe d’initiative référendaire, combinaison élections-tirage au sort, encouragement à l’autogestion…
  • une société écologiquement responsable avec l’arrêt immédiat des nucléaires mais aussi une mise sous tutelle de la recherche pour la réorienter vers des objectifs écologiques et humanistes excluant les OGM, les nanotechnologies ou les agro-carburants, une révision de l’habitat pavillonnaire au profit de moyens et petits habitats groupés, la libération des territoires de l’emprise automobile, et une décroissance des budgets militaires et publicitaires.
  • L’après-développement pour sortir de l’industrialisme, introduire l’agriculture paysanne, le maraîchage périurbain, la production manufacturée, le resserrement de l’urbain et développement des campagnes.
  • une société juste et humainement décente en refusant l’exploitation des autres peuples et de leurs ressources, la réduction du temps de travail, l’instauration d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie incluant la gratuité des services publics, des usages reconnus socialement utiles et écologiquement responsables, la gratuité du bon usage écologique et modeste des ressources de première nécessité et de la terre, la réduction du temps de travail couplée à l’instauration d’un revenu maximum acceptable ;
  • l’émancipation de l’éducation et des cultures de la compétition, de la concurrence et de la consommation.

La plateforme commune Décroissance Elections, soutenue par les Objecteurs de Croissance du Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC), du Parti Pour La Décroissance (PPLD), et de bon nombre de collectifs locaux, appelle tous ceux et celles qui partageront un programme radicalement écologiste, social et anti-productiviste à s’engager dans la campagne 2014 pour faire résonner les idées et les expérimentations minoritaires sociales et écologiques.

Les différentes stratégies politiques possibles, et l’utilisation de l’Association de Financement des OC doivent s’analyser et se décider collectivement. La question est très ouverte, et toutes les possibilités sont envisageables. Cet appel a pour objectif de poser les bases d’un travail commun de deux ans… et plus. Les discussions pourraient avoir lieu lors de réunions.