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Des Décroissants se présentent aux élections européennes

Cinq liste « décroissantes » se présentent aux élections européennes. Avec une conviction : « la croissance n’est pas la solution, mais le problème » et un programme, qu’elles présentent ici.

Source : http://www.reporterre.net/


Sans céder à la sinistrose ambiante, Europe Décroissance présente cinq listes dans cinq régions aux prochaines Européennes. Nous affirmons que la croissance n’est pas la solution : la croissance est le problème.

Aujourd’hui il est clair que la rationalité est avec nous. La décroissance choisie est la seule voie pour éviter la décroissance subie et le chaos qui accompagnera l’effondrement programmé.

Il n’y a pas d’autre alternative, comme disait quelqu’un, qui n’était pas de nos troupes… Face à l’absurdité de ce modèle de société, qui épuise les ressources naturelles, accroît les inégalités d’une manière obscène et génère des désastres industriels, sociaux et écologiques, nos propositions politiques visent à réduire les inégalités en même temps que notre empreinte écologique, trois fois trop grande dans notre région du monde.

Nous nous appuyons sur quelque chose qui existe déjà : la société civile regorge de personnes sensibles à la dégradation du monde et aux équilibres sociaux. Elles travaillent à l’émergence d’alternatives concrètes. Nous encourageons ces initiatives tout en nous impliquant largement dans cette forte dynamique.

Pour ces élections, nous mettons en avant huit propositions, en lien direct avec cette Europe dont nous ne voulons plus.

1) Souveraineté alimentaire : en rompant avec la PAC et en proposant une politique agricole qui favorise l’agriculture paysanne et la biodiversité, sans OGM et sans agro-carburants. Il faut sortir du pétrole et de son monde, cause principale des émissions de gaz à effet de serre. Nous organiserons la relocalisation des productions et des consommations en privilégiant les circuits courts et nous repensons en conséquence tout ce qui concerne la mobilité et le commerce longue distance.

2) Souveraineté monétaire : par la sortie de la monnaie unique et le droit à l’émission de monnaies complémentaires couplées à une monnaie commune.

3) Contre les traités commerciaux de libre-échange et pour des traités de coopération et de relocalisation ouverte. Dans notre Europe, une complicité de fait avec les sociétés transnationales est avérée : aucun des 28 états de l’UE n’a refusé de donner son accord à la Commission Européenne non élue qui a négocié l’abominable TAFTA avec les Etats-Unis. Une telle unanimité devrait faire douter des intentions de cette « belle » Europe : cela va bien au-delà du simple lobbying !

4) Une rupture avec la politique de mégapoles qui organise la mise en concurrence des territoires.

5) Une rupture écologique dans la politique énergétique et industrielle pour notamment tendre à la sobriété énergétique, l’arrêt du nucléaire civil, la non-exploitation des énergies fossiles non conventionnelles et l’utilisation des énergies renouvelables locales.

6) La maîtrise et le juste partage des ressources au niveau local pour éviter les déplacements contraints des populations et l’errance économique, afin que la misère ne suscite plus l’émigration.

7) Une sortie d’urgence du nucléaire militaire en France et en Europe, une rupture radicale avec la politique guerrière et coloniale française (Libye, Mali, Syrie, Centrafrique…) et une rupture avec la politique étrangère de l’Union Européenne, à la remorque de l’impérialisme étatsunien.

8) Un soutien actif à ce qui fait la culture européenne et notamment la diversité linguistique face à l’impérialisme de l’anglais.

Dans une logique de convergence, nous appelons à construire une autre coopération entre les peuples, en mettant nos décideurs face à leurs contradictions. Cette élection est l’occasion de s’informer, de se mettre en réseaux, de rencontrer et surtout d’initier des démarches, initiatives, idées et des collectifs avec les habitants.

Face à l’effondrement qui vient, la résistance, les initiatives et l’expérimentation, c’est maintenant. Notre but n’est ni de prendre le pouvoir ni d’imposer aux autres une manière de vivre. Et les électeurs d’Europe Décroissance devront télécharger leur bulletin. Nous ne sommes pas dans une stratégie électoraliste !

Mais dans une stratégie de masse critique, nous proposons de reprendre le « pouvoir » dès maintenant, avec tous ceux qui le souhaitent, en imaginant d’autres manières de produire, d’échanger et de vivre ensemble, que nous pouvons mettre en place dès maintenant avec ou sans les institutions.

A l’heure d’un tournant dans l’histoire de l’Humanité, il n’est pas inutile de souligner la dimension humaniste de la Décroissance : nous faisons le pari de la nécessaire raison, que l’on peut appeler spiritualité ou sagesse (peu importe) mais cette part qui est en l’Homme contre sa part sombre, démesurée et exacerbée par le broyeur de la société croissanciste dont l’emballement incontrôlé est l’horizon officiel.


- Les bulletins de vote sont à télécharger sur Décroissance-Elections


Source : Courriel à Reporterre de Europe Décroissance

Lire aussi : « La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique », Entretien avec Serge Latouche.

Les chemins de la Décroissance

Une grande partie du mouvement s’accorde sur une stratégie de masse critique s’appuyant sur les 4 niveaux politiques de la Décroissance : la sphère privée, les alternatives collectives et concrètes, la pensée du projet de transition et de l’après-croissance et la visibilité. L’action combinée, dans le respect de cette diversité, permet d’atteindre un seuil critique de citoyens rendant possible l’accélération d’une transition qui est déjà en marche.

Détaillons brièvement ces quatre niveaux :

• Le niveau individuel : à travers la simplicité volontaire, chaque individu cherche à vivre en cohérence avec l’objection de croissance en diminuant son empreinte écologique et en s’impliquant dans l’économie sociale et solidaire. Il n’y a pas de « brevet du parfait petit décroissant », chacun fait ce qu’il peut en fonction de ses conditions de vie. Ce niveau reprend aussi la notion de décolonisation de l’imaginaire.
• Le niveau collectif : expérimenter d’autres manières de vivre ensemble, d’autres pratiques cohérentes avec les valeurs anticapitalistes et antiproductivistes. Ces alternatives concrètes permettent de « faire exemple », d’élargir le champ des possibles en développant des modes de production et de consommation qui pourront être repris et adaptés par d’autres collectifs, voire par les pouvoirs publics (notamment à l’échelon local).
En guise d’exemples d’alternatives concrètes soutenables et conviviales, nous pouvons citer les monnaies locales qui donnent du sens à l’échange ou les systèmes d’échanges locaux, les habitats coopératifs, les jardins partagés, la mise en place de ressourceries ou d’atelier-vélos. C’est aussi entreprendre au sein d’une SCOP autogérée, ou plus globalement initier un processus de « ville en transition » ou expérimenter la permaculture.
Ces alternatives, qui constituent un panel d’exemples, participent surtout à la prise d’indépendance de l’individu et de la communauté locale par rapport à la main invisible du marché ainsi qu’à la main plus directe de l’État. Elles sont de formidables outils d’expérimentation de ce que pourraient être des sociétés de Décroissance. Elles constituent le socle du changement. Elles sont sources d’inspiration, mais ne suffisent pas à elles seules.
• Le projet : les ouvrages, les conférences et les congrès ne manquent pas pour construire le projet de transition vers les sociétés de Décroissance. Comment vivre avec moins de pétrole ? Comment relocaliser ? Comment s’adapter aux villes déjà existantes ? Comment recréer du lien social ? Quelle culture, quelle école ? Pour résumer, comment faire une transition démocratique et sereine vers des sociétés soutenables et souhaitables de Décroissance en réfléchissant à ce qu’elles pourraient être.
• La visibilité : selon les talents des uns et des autres, les OC rendent visible la Décroissance à travers l’organisation de rencontres-débats, de manifestations traditionnelles, d’actions antipub ou de désobéissance civile, de passage dans les médias, de publications et la participation à des élections de manière non-électoraliste.
L’articulation entre ces différents niveaux est fondamentale et reste à construire. L’enjeu est bien de créer des liens, des passerelles et des solidarités entre ces différentes initiatives sans en privilégier une plus que l’autre.
Les problèmes sociaux et environnementaux de notre système ne pourront être résolus ni en ajustant quelques paramètres à la marge, ni par les seules démarches individuelles. Il faut agir collectivement et changer la société en s’appuyant sur ces quatre niveaux, chaque OC s’appropriant le chemin où il se sent le mieux. Il y a autant de chemins vers la Décroissance que d’objectrices et d’objecteurs de croissance. L’enjeu est d’arriver à cultiver cette diversité en construisant un réseau horizontal solidaire et autocritique de collectifs locaux et/ou thématiques.

Le but est de créer une convergence et de commencer à construire, expérimenter, ce que pourrait être demain des sociétés de Décroissance.
Notre stratégie politique s’inscrit dans une rupture avec l’illusion que, pour changer la société, il faudrait d’abord et obligatoirement prendre le pouvoir. Au contraire, nous pensons qu’il faut lutter contre les pouvoirs, commencer ici et maintenant, sans attendre. Toutefois, nous soutenons les Objecteurs de Croissance qui choisissent de promouvoir la Décroissance dans d’autres partis et mouvements politiques. Ces démarches sont complémentaires et s’inscrivent dans une stratégie à la fois de transition, partant de la société telle qu’elle existe aujourd’hui (système de parti, démocratie limité à son seul outil de représentativité), la prise de pouvoir peut être un outil temporaire de transition, et aussi de convergences. C’est pourquoi nous participons à des élections, avec une distance critique et même pour en dénoncer les limites. Nous travaillons régulièrement avec des partis et mouvements politiques de gauche et/ou écologistes. On retrouve d’ailleurs des OC actifs dans ces structures. Nous devons, sans rien nous interdire, essayer d’inventer, expérimenter et construire de nouvelles formes d’organisations politiques.

Si des changements sont déjà en cours, ils ne peuvent s’enraciner durablement qu’avec des citoyens engagés, impliqués et acteurs de leur propre vie. C’est pourquoi nous parlons de transition, partant de la situation psychologique, culturelle, sociale mais aussi institutionnelle et politique présente, transition qui ne peut être que démocratique. Aujourd’hui, des exemples issus de pays touchés par des plans d’austérités aux conséquences dévastatrices, confortent l’idée d’une convergence de cette récession subie vers la Décroissance choisie. Ainsi, Détroit est devenue un laboratoire de la transition vers le post-industrialisme après 25 ans de récession terrible. En Grèce, en Espagne ou en Hongrie par exemple, des citoyens poussés à bout par les plans d’austérité successifs rejoignent et s’approprient des alternatives concrètes initiées antérieurement par d’autres dans une logique de Décroissance.

L’enjeu est d’éviter d’avoir à subir tous les maux de cette récession, de ces plans d’austérité et d’initier le plus vite possible cette Décroissance choisie.

Extrait de « Un projet de Décroissance ».
Pages 30 à 35 http://www.projet-decroissance.net/

Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot.
Co-auteurs d’ « Un projet de décroissance. Manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie » , préface de Paul Ariès. Les éditions Utopia

Démographie et écologie, le sujet tabou

Démographie et écologie ne font pas pour l’instant bon ménage. Les démographes ne s’occupent que de population et chiffrent les perspectives en attendant un miracle : la transition démographique. Les écologistes se préoccupent de l’état désespéré de la planète mais ne veulent pas incriminer la population : ainsi le parti Europe Ecologie – Les Verts (EELV) ignore ostensiblement la question démographique. C’est pourquoi la conférence-débat « Démographie et écologie, le sujet tabou » peut aider à une prise de conscience : démographie et écologie sont inextricablement liées, qu’on veuille le reconnaître ou non.

Le mode d’existence de l’humanité en tant qu’espèce vivante doit s’inscrire dans ce que nous appelons « espace écologique », c’est-à-dire la limitation de tous nos projets entre un plancher et un plafond. Pour nous la liberté ne consiste pas à franchir sans cesse les limites mais à vivre en commun dans les limites de l’équilibre des écosystèmes.

C’est donc bien toute une organisation sociale en tant que telle dont nous rêvons. Pour vivre dignement, la simple « juste redistribution des richesses » ne suffit pas si on ne redéfinit pas les besoins, leur mode de production (de l’aval des « ressources » à l’amont des « déchets ») et les limites que la préservation de nos écosystème nous imposent. Quand au partage de ces biens et des tâches (en particulier les plus pénibles), il doit se faire dans un souci d’égalité des revenus, pour tous, par une diminution du temps de travail, par la gratuité d’accès et d’usage et non dans un modèle de mise en concurrence de tous par tous.

Appel pour une rupture écologique avec l’Union Economique Européenne

Appel aux décroissants, antiproductivistes, anticapitalistes pour une rupture écologique avec l’Union Economique Européenne
vers une relocalisation ouverte, des coopérations interrégionales et la souveraineté des peuples
Merci de bien vouloir faire suivre cet appel

moc+ppld

La société de croissance accumule dramatiquement toutes les catastrophes : économique, environnementale, sociale, culturelle et politique. L’absurdité de ce modèle de société n’est malheureusement plus à démontrer tant les inégalités sont devenues flagrantes, le mal-être de plus en plus insoutenable et les désastres industriels, sociaux et/ou écologiques, presque quotidiens. La Croissance n’est pas la solution. La Croissance est le problème.

En parallèle, nous assistons à une transition qui est déjà en marche. Malgré l’impasse dans laquelle nous mène le système capitaliste et les stratégies d’adaptation qu’il développe pour sa propre survie (greenwashing,  « développement durable », « croissance verte », « économie circulaire »), la prise de conscience de l’impasse dans laquelle nous sommes augmente et l’émergence d’alternatives concrètes connaît une forte dynamique.

La société civile regorge de simples citoyens, de scientifiques, d’universitaires et militants associatifs et politiques, sensibles à la dégradation de notre monde et aux déséquilibres éco-systémiques créés. Ils continuent de tirer la sonnette d’alarme, soutiennent des expérimentations sociales et/ou vont se présenter aux élections en 2014.C’est pourquoi les élections européennes, au-delà des logiques électoralistes des appareils politiques, représentent une bonne occasion :
  • Pour remettre l’économie à sa place, au service de la société : refuser l’impasse technocratique, oligarchique et productiviste dans laquelle se trouvent les institutions européennes : pour une annulation des dettes publiques, pour  la suppression de la monnaie unique et l’instauration d’une monnaie commune, le droit des peuples à l’émission monétaire, et la mise en place de monnaies locales complémentaires
  • Pour une relocalisation ouverte : afin d’initier une transition démocratique et sereine vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables, justes et démocratiques, nous soutenons une relocalisation de nos activités économiques et productives et de nos décisions en s’appuyant sur une logique d’espaces écologiques (qui redéfinit les besoins entre un plancher et un plafond). C’est évidemment la solidarité et la coopération entre les territoires et l’ouverture culturelle qui alimentera une telle relocalisation
  • Pour mettre en avant que la première des décroissances c’est la décroissance des inégalités : par la mise en place d’un revenu pour touTEs (sous la forme d’une Dotation d’autonomie ou d’un Revenu inconditionnel), adapté à chaque territoire, couplé à un Revenu Maximum Acceptable (RMA). Et immédiatement , nous proposons une retraite d’un montant égal pour touTEs , dès 60 ans, suffisant pour assurer une vie décente

C’est d’une rupture écologique dont l’Europe a besoin :

  • dans une logique de convergence, nous appelons à la constitution de listes ouvertes dans chacune des grandes régions européennes. Ainsi nous vous invitons toutes et tous à aller à la rencontre de partenaires locaux susceptibles d’adhérer à notre plateforme ;
  • appel à une réflexion citoyenne sur les programmes des partis de gouvernement : être présents et critiquer mais aussi proposer : construisons le projet pour une autre coopération entre les peuples, en mettant nos décideurs face à leurs contradictions ;
  • faire campagne à l’échelle européenne : cette élection est l’occasion de s’intéresser, de mettre en réseaux , de rencontrer et surtout  d’initier  des démarches, initiatives, idées et collectifs avec les habitants des autres régions et pays. La résistance, l’expérimentation c’est maintenant !

La démocratie, sans illusion, sans attendre

Contribution de Michel Lepesant au dossier du numéro 7 de Moins !, journal romand d’écologie politique : « Faut-il sauver la démocratie ? »

Une distinction claire entre « décroissance » et « objection de croissance » permet de lever certains malentendus avec la politique. L’objection de croissance est une conviction critique qui prend clairement conscience qu’économiquement la croissance n’est pas la solution mais juste le problème. La « décroissance » ajoute une responsabilité : celle de la transition politique pour passer d’une société de croissance à des sociétés d’a-croissance. La « décroissance » n’est donc pas un « projet » de société mais juste le nom d’un « trajet » politique. Et c’est là que les difficultés débutent.

Car les décroissants ne veulent pas à leur tour subir les critiques qu’ils adressent à la politique. Comment ignorer une saine réticence libertaire vis à vis du Pouvoir : car, si nous l’obtenions, la question n’est pas de savoir ce que nous en ferions mais ce qu’il ferait de nous ? Continuer la lecture de La démocratie, sans illusion, sans attendre

Pour une écologie sociale, anti-productiviste, anti-capitaliste, anticonsumériste et décroissante

L’année 2014 sera riche en élections puisque se préparent les européennes, les municipales et peut-être celles des Conseillers territoriaux (qui remplacent les élections cantonales et régionales). Les élections sont une occasion pour les Objecteurs et Objectrices de Croissance (OC) de porter la radicalité de leurs analyses et propositions auprès de la société civile. Dans le cadre d’une participation non-électoraliste, les élections sont un outils pour un nécessaire rassemblement de l’écologie radicale, anticapitaliste, et antiproductiviste.

Une croissance illimitée dans un monde limité est une absurdité

Alors que la classe politique ne jure que par la recherche de la croissance à tout prix pour résoudre les problèmes socio-économiques, nous refusons de cautionner plus longtemps cette fuite en avant qui, sous prétexte d’« efficacité économique », accroît les inégalités, épuise les ressources, massacre le vivant, et emmène l’humanité tout droit dans le mur. Cette augmentation perpétuelle du PIB, sur laquelle repose le système actuel, est en tout état de cause illusoire de par l’épuisement des ressources, en particulier la raréfaction des sources d’énergies abondantes et bon marché, et de l’accumulation des déchets que ce système produit. La « crise » est un prétexte pour s’attaquer aux acquis sociaux et aux services publics, pour justifier des lois qui réduisent les libertés et bafouent la démocratie, pour imposer un Pacte Budgétaire funeste, et s’enfoncer toujours plus dans les mauvaises recettes marchandes de la société de croissance.

« Ni austérité, ni relance », il est aujourd’hui grand temps de construire ensemble une transition démocratique vers des sociétés soutenables et surtout souhaitables de Décroissance.

 

Cette remise en cause du système, c’est l’« objection de croissance », ou la « décroissance ».

Aux côtés des mobilisations sociales et écologiques, aux côtés des expérimentations sociales et des alternatives concrètes en milieu urbain et en zone rurale, aux côtés des services publics à défendre et développer, conscients des enjeux de ces élections, nous voulons amener notre projet auprès des français.

La décroissance porte un projet politique de rupture avec le capitalisme : nous proposons un ensemble d’alternatives et d’expérimentations concrètes pour sortir de la logique économique dominante. C’est la transition volontaire vers une société écologiquement responsable, socialement juste, humainement décente et démocratique. Il s’agit de réduire et surtout modifier notre consommation et notre production afin de supprimer les inégalités dans le respect des écosystèmes.

Nos solutions sont à la fois justes socialement et soutenables écologiquement, en s’appuyant sur :

  • les relocalisations : habiter, se déplacer, fabriquer, distribuer, échanger, décider, pour retrouver la maîtrise de nos usages, ménager le territoire, nous réapproprier nos modes de vie et partager les biens communs ;
  • l’instauration d’une réelle démocratie brisant le pouvoir de l’argent et évitant la confiscation du pouvoir par une élite, en redonnant une prise directe des citoyens sur les affaires communes : démocratie directe d’initiative référendaire, combinaison élections-tirage au sort, encouragement à l’autogestion…
  • une société écologiquement responsable avec l’arrêt immédiat des nucléaires mais aussi une mise sous tutelle de la recherche pour la réorienter vers des objectifs écologiques et humanistes excluant les OGM, les nanotechnologies ou les agro-carburants, une révision de l’habitat pavillonnaire au profit de moyens et petits habitats groupés, la libération des territoires de l’emprise automobile, et une décroissance des budgets militaires et publicitaires.
  • L’après-développement pour sortir de l’industrialisme, introduire l’agriculture paysanne, le maraîchage périurbain, la production manufacturée, le resserrement de l’urbain et développement des campagnes.
  • une société juste et humainement décente en refusant l’exploitation des autres peuples et de leurs ressources, la réduction du temps de travail, l’instauration d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie incluant la gratuité des services publics, des usages reconnus socialement utiles et écologiquement responsables, la gratuité du bon usage écologique et modeste des ressources de première nécessité et de la terre, la réduction du temps de travail couplée à l’instauration d’un revenu maximum acceptable ;
  • l’émancipation de l’éducation et des cultures de la compétition, de la concurrence et de la consommation.

La plateforme commune Décroissance Elections, soutenue par les Objecteurs de Croissance du Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC), du Parti Pour La Décroissance (PPLD), et de bon nombre de collectifs locaux, appelle tous ceux et celles qui partageront un programme radicalement écologiste, social et anti-productiviste à s’engager dans la campagne 2014 pour faire résonner les idées et les expérimentations minoritaires sociales et écologiques.

Les différentes stratégies politiques possibles, et l’utilisation de l’Association de Financement des OC doivent s’analyser et se décider collectivement. La question est très ouverte, et toutes les possibilités sont envisageables. Cet appel a pour objectif de poser les bases d’un travail commun de deux ans… et plus. Les discussions pourraient avoir lieu lors de réunions.

Campagnes Décroissance 2012 : tout reste à faire !

Il y a un an nous lancions l’appel Décroissance 2012 : notre candidatE est la Décroissance. Nous sommes plus d’un millier à avoir signé cet appel. Sans illusion, nous souhaitions apporter quelques graines de réflexions et de débat pour critiquer ce qu’il y a de pire dans la politique spectacle personnalisée. Ce que nous venons de vivre ces dernières semaines nous donne doublement raison : premièrement, cette campagne ne laisse qu’une place minime aux petites candidatures et/ou critiques avec le système, et deuxièmement nous venons de vivre plusieurs semaines de non-débats !

Alors que notre civilisation occidentale fait face à une convergence de crises toutes aussi dévastatrices les unes que les autres, nous assistons à un grand guignol politique où le twit de la première dame, les combats de coqs ici ou là et les petites formules si chères à nos journaleux du microcosme parisien passent en bouclent dans les médias. Cela se traduit, une fois n’est pas coutume, par une très forte abstention, qui n’interpelle surtout pas les gagnants de cette parodie de démocratie. Continuer la lecture de Campagnes Décroissance 2012 : tout reste à faire !

Gaz de schistes

Les collectifs de citoyens,
Stop au gaz de schiste d’Anduze, Bastagaz Alès,
le collectif du Vigan, le collectif Cigalois, le collectif vigilance Hautes Cévenne

demandent :
Etes vous d’accord à :

1- Porter un projet de loi visant à :

  • annuler (abrogation – retrait) tous les permis de recherche accordés en France ?
  • interdire définitivement la recherche, l’exploration et l’exploitation de tous les hydrocarbures on-shore et offshore, pour lesquels on a recours à la stimulation hydraulique et chimique, appelée également « fracturation hydraulique » ou « fracking« , voire « injection forcée », même si cette technique est utilisée à titre expérimental, y compris sur les titres miniers du territoire français de la métropole et des territoires d’outre-mer ?
  • interdire de même les forages de géothermie profonde utilisant la fracturation hydraulique.
  • Interdire les techniques qui ont recours à la stimulation même expérimentale, y compris sur les titres miniers du territoire français ?

Bien sur il faut interdire l’extraction des ressources fossiles en couches profondes pour deux raisons : les méthodes d’extraction sont dangereuses pour l’environnement et la ressource en eau.;mais il faut aussi cesser d’extraire les matières fossiles dans le but de les consommer en énergie, elles seraient plus utiles pour d’autres usages (médicales.électroniques …) et durant une longue période.

Evidemment la loi doit aussi interdire l’importation de gaz et huile issue de stimulation hydraulique; assez d’hypocrisie , notre proposition n’est pas « les touristes en Cévennes et les gaz en Pologne ou en Algérie »

2- Faire précéder la réforme du Code Minier d’un débat public et citoyen et y intégrer les principes de la Charte de l’environnement ?

Riverains, producteurs et usagers doivent être partie prenante de la réforme du code minier. En outre toute activité miniére doit se faire dans le cadre d’établissements publics , cogérés par les producteurs ,les usagers et les riverains , afin que nous retrouvions la maitrise de nos usages ,dans le principe d’une Charte de l’environnement qui n’hypothèque pas les générations futures et la viabilité des écosystèmes .

3- Soutenir lors du prochain débat d’orientation budgétaire, un budget qui transférerait les financements consacrés au développement des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables et mettre en œuvre, pendant votre mandat et avec la consultation des citoyens, un scénario de transition énergétique prônant les principes de Sobriété, d’Efficacité énergétique et Développement des énergies renouvelables (type scénario Négawatt).

Le développement des énergies renouvelables doit se faire dans une logique de satisfaction des besoins et non pas de développement des profits. Encore faut-il un débat public sur nos besoins énergétiques ? Notre modèle de société industrielle et urbain est une impasse énergétique car il dépasse les possibilités des ressources de la planète, Nous devons cesser dans les pays industriels de consommer les ressources de plusieurs planètes car nous n’en avons qu’une.Il nous faut donc revoir à la baisse notre consommation énergétique: en ayant d’autres principes d’urbanisme que l’agrandissement urbain , en sortant de la production industrielle des biens agricoles et manufacturés ,en limitant les transports des biens et des personnes , en ralentissant la société, en exigeant la durabilité des biens d’usages , leur réutilisation et leur possible réparation au lieu d’organiser l’obsolescence programmée….
Un scenario de transition énergétique doit rompre avec une civilisation basée sur l’usage immodéré du feu (Nucléaire ou fossiles ) pour une société du renouvelable issue de l’eau , du vent et du solaire. Ce scénario doit s’appuyer sur l’élargissement de la démocratie , permettant sur le territoire que les usagers reprennent la maitrise de leurs usages en coopération avec les producteurs. Ceci passe par le refus de notre économie spéculative , pour aller vers une économie de la gratuité et de la sobriété des usages.

4- Réorienter les investissements et interventions des entreprises françaises d’extraction d’hydrocarbures dont l’Etat est actionnaire vers les énergies renouvelables ?

Nous ne voulons pas réorienter les entreprises privés française ou non ? Nous voulons que cesse l’extractivisme prédateur. Nous voulons que la production d’énergie dont nous avons besoin se fasse localement en régie publique territoriale gérée par les producteurs ,les usagers et les élus, sans recherche de profit. Chaque territoire possède des ressources diversifiées (le soleil ,le vent, l’eau, la mer, la biomasse). Usagers et producteurs doivent retrouver la responsabilité de leurs usages dans une logique de partage et de coopération . Cette éthique de la responsabilité aura pour conséquence la sobriété et le respect des générations futures , si la démocratie se généralise à tous les domaines!

La loi devra seulement fixer des règles d’accès gratuit à tous aux besoins essentielles et réglementer le surcoût ou la prohibition des usages immodérés.

Sylvie Barbe candidate titulaire 5ème circonscription du Gard
Christian Sunt candidat suppléant 4ème circons. du Gard

pour en savoir plus : http://objecteursdecroissance-lr.fr/

Des « Objecteurs de croissance » dans plus de 40 circonscriptions aux élections législatives de juin 2012

Les « Objecteurs de Croissance » seront présents dans plus de 40 circonscriptions aux élections législatives de juin 2012. C’est une étape supplémentaire et historique pour le mouvement qui se construit, notamment en étant présent à toutes les élections depuis les législatives de 2007, dont Europe-Décroissance en 2009. Pour porter leur radicalité, les Objecteurs de Croissance se sont parfois associés avec d’autres structures politiques parce qu’ils croient possible et nécessaire un rassemblement de l’écologie radicale, anticapitaliste, et antiproductiviste.

La liste des candidatures se trouve ici : http://decroissance-elections.fr/candidates-suppleantes/

Attention, dans certaines circonscriptions les Objecteurs de Croissance vous invitent à télécharger et imprimer vos bulletins de vote  pour les raisons détaillées ici. Le matériel de campagne se trouve dans le menu matériel de campagne de ce site web http://decroissance-elections.fr/

Une croissance illimitée dans un monde limité est une absurdité

Alors que la classe politique ne jure que par la recherche de la croissance à tout prix pour résoudre les problèmes socio-économiques, nous refusons de cautionner plus longtemps cette fuite en avant qui, sous prétexte d’« efficacité économique », accroît les inégalités, épuise les ressources, massacre le vivant, et emmène l’humanité tout droit dans le mur. Cette augmentation perpétuelle du PIB, sur laquelle repose le système actuel, est en tout état de cause illusoire de par l’épuisement des ressources, et en particulier la raréfaction des sources d’énergie abondantes et bon marché, et de l’accumulation des déchets que ce système produit. Le réalisme ne viendrait-il pas de ceux qui proposent de changer les règles d’un modèle de société voué à l’échec ?

Cette remise en cause du système, c’est l’« Objection de croissance », ou « Décroissance ».

La Décroissance est un projet politique de rupture avec le capitalisme : nous proposons un ensemble d’alternatives et d’expérimentations concrètes pour sortir de la logique économique dominante. C’est la transition volontaire vers une société écologiquement responsable, socialement juste, humainement décente et démocratique. Il s’agit de réduire et surtout modifier notre consommation et notre production afin de réduire les inégalités dans le respect des écosystèmes.

Nos propositions :

  • les relocalisations : habiter, se déplacer, fabriquer, distribuer, échanger, décider, pour retrouver la maîtrise de nos usages, ménager le territoire, nous réapproprier nos modes de vie et partager les biens communs ;
  • l’instauration d’une réelle démocratie brisant le pouvoir de l’argent et évitant la confiscation du pouvoir par une élite, en redonnant une prise directe des citoyens sur les affaires communes : démocratie directe d’initiative référendaire, combinaison élections-tirage au sort, encouragement à l’autogestion…
  • une société écologiquement responsable avec l’arrêt immédiat des nucléaires mais aussi une mise sous tutelle de la recherche pour la réorienter vers des objectifs écologiques et humanistes excluant les OGM, les nanotechnologies ou les agro-carburants, une révision de l’habitat pavillonnaire au profit de moyens et petits habitats groupés, la libération des territoires de l’emprise automobile, et une décroissance des budgets militaires et publicitaires. ;
  • une société juste et humainement décente en refusant l’exploitation des autres peuples et de leurs ressources, l’instauration d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie incluant la gratuité des services publics, des usages reconnus socialement utiles et écologiquement responsables, la gratuité du bon usage écologique et modeste des ressources de première nécessité et de la terre, la réduction du temps de travail couplée à l’instauration d’un revenu maximum autorisé ;
  • l’émancipation de l’éducation et des cultures de la compétition, de la concurrence et de la consommation.

Pour soutenir notre action, connaître les professions de foi et les initiatives consultez la plate-forme nationale Décroissance-Elections